Figure spirituelle du XIXᵉ siècle, l’abbé Michel Guérin (1801-1854), curé de Pontmain en Mayenne, est surtout connu pour avoir préparé le terrain à l’apparition mariale de 1871. Pasteur profondément attaché à la prière et à la fidélité à Dieu, il a laissé des écrits qui continuent d’inspirer les chrétiens d’aujourd’hui. À partir d’une de ses paroles fortes – « Qu’est-ce qu’aimer Dieu ? C’est le préférer à tout. C’est être prêt à tout souffrir, à tout perdre, même la vie, pour conserver sa grâce » – le père Jean-Luc Roblin propose une méditation personnelle et pastorale.
La prière, un chemin concret pour aimer Dieu
« Je ne suis pas l’abbé Guérin, mais je pense qu’on peut essayer de lui ressembler », confie le père Jean-Luc Roblin. Pour lui, aimer Dieu au quotidien passe avant tout par la prière, et en particulier par le temps consacré à l’oraison :
« J’aime bien prendre du temps pour prier. Concrètement, je viens souvent dans cette église de d’Ernée, devant le tabernacle, pour essayer de garder une demi-heure d’oraison, pas tous les jours, mais au moins tous les deux jours. Pour moi, l’oraison, c’est une force. »
Membre d’une équipe Notre-Dame à Laval, il insiste sur l’importance de ce rendez-vous silencieux avec Dieu : se poser, faire silence dans son cœur, se laisser aimer. Dans un monde saturé de bruit et d’écrans, ce retour à l’essentiel devient une source de paix.
Préférer Dieu à tout, un idéal exigeant
L’amour de Dieu se vit aussi dans la célébration des sacrements. Eucharistie, baptêmes, mariages ou onction des malades : autant de moments où le prêtre perçoit combien Dieu se donne et se laisse aimer à travers les signes visibles de l’Église.
« C’est une belle manière de faire aimer Dieu à mes paroissiens », souligne-t-il.
Le père Roblin reconnaît que l’appel de l’abbé Guérin – préférer Dieu à tout – est un idéal difficile à vivre concrètement :
« Je reste attaché à ma famille, à mes amis, à mes plantes dans le jardin du presbytère… Ce sont des attachements légitimes, mais ils montrent combien l’exigence de l’abbé Guérin est haute. »
Il encourage cependant les familles et les fidèles à cultiver cette préférence pour Dieu dans le quotidien :
« Ce n’est pas toujours simple avec le travail, les enfants, les responsabilités… Mais aimer Dieu en premier, c’est une force qui traverse tout. »
L’oraison, source et sommet
Enfin, le père Roblin revient à ce qu’il considère comme le cœur de la vie spirituelle : l’oraison. Il cite Marthe Robin, pour qui il est plus difficile de trouver chaque jour vingt minutes de silence que d’aller à la messe quotidienne.
« Dans notre monde trop connecté, prendre un temps de prière silencieuse est une véritable source d’apaisement. »
Ainsi, à la suite de l’abbé Guérin, le père Jean-Luc Roblin rappelle que l’amour de Dieu ne se réduit pas à une idée ou un idéal, mais s’incarne dans des gestes concrets : silence, sacrements, vie fraternelle, prière personnelle et communautaire.