À la fin de sa vie, l’abbé Michel Guérin adressait ces paroles bouleversantes à ses paroissiens :
« Je vous demande pardon de tous les mauvais exemples que je vous ai donnés. Je prie ceux que j’ai scandalisés de me pardonner, de prier pour moi le Bon Dieu et la Sainte Vierge, car je suis un grand pécheur. »
Le Père David Dugué, prêtre du diocèse de Laval, reçoit ces mots comme une prière personnelle, qu’il reprend chaque matin.
Une prière quotidienne
« Seigneur, fait que je ne scandalise personne. Que je sois l’instrument de ton salut. Que je sois docile à ce que tu demandes. ». Telle est la supplication du Père Dugué au début de chaque journée.
Car il le reconnaît : le prêtre, comme tout chrétien, reste fragile. Et parfois, au lieu de conduire à Dieu, il peut devenir un obstacle. Cette lucidité, loin d’être un découragement, est au contraire un appel à la conversion et à l’humilité.
En faisant le bilan de ses onze années au service d’une même paroisse, le Père Dugué a lui aussi ressenti ce besoin de demander pardon. Lorsqu’il a annoncé son départ pour sa nouvelle mission à la paroisse Saint-Jean-Baptiste de Château-Gontier, il a confié à ses paroissiens cette inquiétude : à cause de nos limites humaines, il arrive que le prêtre, malgré lui, freine ou détourne le chemin de ceux qui voudraient s’approcher du Christ.
Mais il n’en va pas seulement du prêtre. Chaque chrétien peut, par son comportement, donner une image faussée du Christ. Si notre vie ne reflète pas l’Évangile, si elle n’attire pas, alors ceux qui cherchent Dieu risquent de s’éloigner.
Un chemin de conversion
Cette citation nous invite à mesurer à nouveau combien nous sommes appelés à nous conformer toujours plus au Christ. Non pas pour donner une façade parfaite, mais pour ressembler à Jésus de l’intérieur, dans l’humilité, dans l’amour, dans la vérité.
Comme le Père Guérin, au soir de sa vie, a su le dire avec simplicité et vérité, chacun de nous est invité à reconnaître les « ombres » qui marquent son chemin. Mais ce bilan, loin d’être désespérant, devient l’occasion d’un nouvel élan, d’un nouvel abandon entre les mains de Dieu.
La parole du Père Guérin – « Je suis un grand pécheur » – n’est pas d’abord un constat amer, mais une profession de foi. Elle proclame que Dieu seul est le Sauveur et que nous avons sans cesse besoin de lui.
Comme le souligne le Père Dugué, cette prière devient un chemin quotidien : demander à Dieu de nous rendre toujours plus transparents à son amour, afin que notre vie, loin d’être un obstacle, soit un signe qui conduit au Christ.
Et peut-être que la grâce de ce jour est de faire nôtre cette supplication :
« Seigneur, fais que je ne sois pas une pierre d’achoppement, mais un instrument dans ta paix. »