L’abbé Michel Guérin (1801-1854), curé de Pontmain, est resté célèbre pour son attachement à la Vierge Marie, qu’il installait dans toutes les maisons de sa paroisse et qu’il a placée au cœur de la vie spirituelle de Pontmain. Son amour pour Notre-Dame préparera l’apparition de 1871. Sa parole – « Je croirais me rendre ingrat envers notre bonne Mère si je ne prenais tous les moyens qui dépendent de moi pour la faire aimer et glorifier » – révèle la profondeur de cette dévotion. À sa suite, le père David Dugué, prêtre du diocèse de Laval, médite sur la place de Marie dans le cœur d’un prêtre et dans la vie de l’Église.
Marie, femme du « oui »
Pour le père Dugué, l’amour de Michel Guérin pour la Vierge s’enracine dans son rôle unique dans l’histoire du salut :
« Marie est celle par qui le Sauveur nous a été donné, celle par qui la communication avec Dieu a été rendue possible grâce au Christ, mais à travers son oui. »
Ce oui de l’Annonciation trouve un écho dans le me voici de chaque prêtre le jour de son ordination. Comme les prophètes de l’Ancien Testament, le prêtre s’en remet totalement à Dieu, en union avec le qu’il me soit fait selon ta parole de Marie.
Une place particulière dans le cœur des prêtres
Marie n’est pas seulement Mère : elle est avant tout la femme du courage, de l’audace, de la fidélité.
« Son oui aurait pu la conduire à être rejetée, lapidée, mise au ban de la société. Elle est aussi celle qui a accompagné Jésus jusqu’au pied de la croix, qui a accueilli son fils mort dans ses bras. »
Pour le père Dugué, cette fidélité héroïque fait de Notre-Dame une présence indispensable dans la vie sacerdotale : elle aide chaque prêtre à renouveler son propre oui.
Dès le début de son ministère, le père Dugué a confié ses paroisses à la Vierge Marie :
« À Cran, à Renazé, comme à chaque fois que je devenais curé, à la fin de la messe d’installation je me rendais à l’autel de la Vierge pour confier à Marie les années à venir et le peuple de Dieu qui m’était confié. »
Chaque jour, il reprend la prière à Notre-Dame du Oui, qui l’accompagne dans son chemin de prêtre. Pour lui, Marie est celle qui « enfante chacun de nos oui », qu’il s’agisse des grands engagements de vie ou des petits consentements du quotidien.
Ainsi, à la lumière de l’abbé Guérin, le père David Dugué rappelle que la Vierge Marie est une compagne essentielle du prêtre : celle qui apprend à dire oui à Dieu, à l’imiter dans la fidélité et à s’engager chaque jour dans le service du peuple de Dieu.