À partir d’une parole de l’abbé Michel Guérin, « J’aimais à espérer », le Père Frédéric Foucher, vicaire général du diocèse de Laval, livre une méditation profonde sur la place de l’espérance dans la vie chrétienne. Non pas comme une simple nécessité, mais comme une joie, un élan intérieur qui nous relie à Dieu et nous ouvre aux autres.

L’espérance, plus qu’une nécessité : une joie à aimer

La phrase de l’abbé Michel Guérin, « J’aimais à espérer », bouscule et interroge. Elle ne parle pas simplement d’espérance comme d’un devoir vital, mais d’un amour pour l’espérance elle-même. Aimer espérer, c’est reconnaître qu’il s’agit d’un trésor spirituel, d’une source de joie profonde, bien plus qu’un simple appui pour traverser les épreuves.

Le Père Foucher confie qu’il lui a longtemps été difficile d’espérer pour lui-même. Intuitivement, il espérait toujours pour les autres, travaillant à leur bien et à leur croissance. Mais il a découvert que l’on peut aussi aimer espérer pour soi, non pas par égoïsme, mais parce que Dieu lui-même veut le meilleur pour chacun de ses enfants. Accueillir l’espérance personnelle, c’est honorer Dieu qui a choisi de tout donner.

L’espérance, audace du quotidien

La plus grande espérance, celle qui nourrit toute la vie chrétienne, est de voir Dieu face à face, de découvrir comment il nous regarde et combien il nous aime. Mais cette espérance se vit aussi au quotidien, dans les petits détails comme dans les grandes choses de la vie. Elle consiste à croire que Dieu est toujours présent, qu’il se laisse reconnaître et qu’il accompagne chaque pas.

Aimer espérer, c’est aussi regarder les autres sans jamais les enfermer dans leurs difficultés, leurs blessures ou leurs caractères. C’est croire que chacun porte en lui une beauté et une authenticité que Dieu désire révéler. L’espérance devient alors audace : elle pousse la foi et la charité en avant, comme une petite fille entraînant ses parents à marcher plus vite. Cultiver l’espérance. Cette vertu, parfois négligée, mérite d’être redécouverte. Elle est une force discrète mais essentielle qui soutient le chemin spirituel et ouvre à la joie. Aimer espérer, c’est aimer que Dieu prenne soin de nous, et attendre avec confiance le grand cadeau de le voir au terme de notre vie.